D-3
Primera salida de Calle
Lima la nuit. San Juan de Miraflores. Ciudad.
Rendez vous avec Niños del Rio, dans un quartier où la rue ne désemplie pas.
Direction un petit parc ou les enfants connaissent la venue de l’association.
On a prévue de jouer au foot. Nous sommes en route.
Je baisse les yeux quelques secondes, me retrouve face à un petit ballon blanc.
La bolsa…et un gamin derrière, planant, vacillant, 12, 13 ans.
Le gamin prend de grande bouffées dans le petit sac plastique qui se gonfle et se dégonfle.
Meylim lui parle un peu, il nous accompagne jusqu’au parc.
C’est la première fois qu’ils le rencontrent.
Meylim et Lucho tente d’en savoir un peu plus,
Où habite-t-il ? Avec qui ? A t-il des frères et sœurs ?
Prendre contact, l’enfant (M) donne peu d’informations.
Meylim sort un petit carnet pour noter, savoir où il habite, aller rencontrer sa famille, comprendre la situation. M ne veut pas que Meylim ne prenne de notes. Sans sourciller Meylim lui répond qu’elle a une défaillance de la mémoire,
que c’est simplement pour ne pas oublier (tactique pour ne pas faire fuir l’enfant).
M s’en va, simplement Niños del Rio connaît son visage, son prénom.
Nous sommes devant le parc, pas d’enfants, no chicos.
Nous allons faire un tour alentour. Peu de gens apparemment ce soir.
Des bolsas jonchent le sol, il y en a partout.
Sur le départ… deux jeunes filles nous font des signes, R (18 ans) et K (13 ans).
Niños del Rio connaît K, elle a 13 ans, elle en paraît 17.
Mini jupe blanche et doudoune noir, casquette à l’envers à petit carreau noir et gris.
Elle est magnifique. Une vrai bombe.
J’apprends qu’elle vit dans la rue, se défonce, et s’est fait avorté il y peu de temps.
Ce soir, elle est avec R, qui est clean, qui habite avec son grand père.
R nous dit qu’elle prend soin de K, nous récupérons son numéro de téléphone.
Nilda leur donne un rendez vous téléphonique pour lundi.
Plus loin, des adultes, des enfants, défoncés, désapés, décalés.
Ce soir, j’ai vu Niños del Rio (Meylim, Lucho, Nilda) à la recherche d’enfants vivants
dans la rue, pour communiquer, jouer, leur donner un peu d’affection et d’attention.
Ils prennent un contact, n’importe lequel ou tous à la fois
qui permettrait de suivre l’enfant par la suite, un nom, un lieu, un numéro.
Un maximum d’information pour pouvoir comprendre la situation et la faire changer.