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Seguimiento
Niños del Rio fait un suivi régulier des enfants rencontrés dans la rue.
Lorsqu’ils savent où se trouve la famille, ils vont la voir, essaient de cerner la situation,
et, au mieux, d’avoir un référent qui ait une bonne influence sur l’enfant.
Simplement une personne qui se sente concernée par la vie et l’avenir de l’enfant.
Ce soir, nous allons voir A (11 ans),
il est rentré à sa maison depuis six mois, il est au courant de notre venue.
Villa El Salvador.
Les maisons de ciment avec un toit se transforment en casas en bois au toits de tôle.
Le béton devient du sable, Lima, ville sur le désert.
Sur le chemin Nilda cherche A qui pourrait traîner de ci de là,
qui pourrait s’échapper de notre vue
avant même qu’on ait eu le temps de lui parler.
Les yeux affûtés elle questionne les gens, avez vous vu A ?
….. il est au marché….. non, je l’ai vu traîner par là….oui, il était avec son frère…
et puis nous croisons sa mère
une vrai ados, pas physiquement, mais dans le comportement, dans les manières
il est à la maison nous dit-elle…
La maison, une cabane ou presque, la grand mère, trois enfants et un homme.
Il ne nous dit pas bonjour, trop occupé à faire sa crèche,
j’apprends plus tard que c’est un oncle.
Un frigo, une gazinière, une télé en marche, un canapé, deux chaises….
la crèche et le sapin enguirlandé occupent un quart de la pièce,
une partie de leur richesse, leur croyance.
A n’est pas là.
Nilda demande à son grand frère J et à son cousin de partir à sa recherche,
il n’est surement pas très loin si les gens l’ont vu.
Il était là ce matin en tout cas.
Elle discute avec la grand mère, la “abuelita” qui à ce visage des anciens où tout est écrit,
qui a l’air de se préoccuper de son petit fils
mais qui ne peut faire grand chose.
Nous sommes dehors, à la lumière des lampadaires, les gamins jouent autour de nous.
Ce moment, une impression connue, une ressemblance avec la Corse de mon enfance.
A n’est toujours pas là, nous rentrons.
Souvent il s’échappe de sa maison, retourne dans la rue, la nuit,
et revient, inventant des excuses.
A est en pleine rechute.
Face à cette situation je n’ai pu prendre de photo, pour une fois, j’avais mon boitier !!
Dans le bus, malgré l’heure tardive, j’ai pris quelques images à la volée, sans viser,
jusqu’à ce que trois garçon viennent s’asseoir un peu trop près de moi…
ils n’ont pas vu le boitier, et j’ai pris place à l’avant du bus.



