D-8

Esfuerzo es exito
Sortie de rue à San Juan de Miraflores, Ciudad.
A peine en route vers notre lieu de rendez vous, nous rencontrons A (12 ans),
Abandonné de ces parents. Originaire de Huancayo.
Direction le parc. Pas ou peu d’enfants. L’équipe se focalise sur A, qui, chose rare, ne sent pas le Terokal.
A veut rentrer en centre, A veut faire quelque chose de sa vie.
Il dit : je ne veux pas devenir comme ces fous !
Un rendez vous était pris pour lundi à CIMA, c’est dans trois nuits.
Le temps de replonger, le temps de se démotiver.
Son envie de changer, son sourire et ses idées claires nous prient de trouver une solution.

A dormira au DEPA, appartement des volontaires français de l’association,
Laure et moi prendrons soin de lui avant de l’amener au centre demain matin.
Ainsi deux françaises et un gamin des rues assis à l’arrière d’un taxi traversent Lima.
A est curieux de tout, la France, c’est comment ? et l’avion ?
Y a t-il des voitures qui volent, et les enfants, en France, ils sont comment ?

22h30. Jesus Maria, l’appart.
Nous allons faire quelques courses dans une tienda.
A est resté dehors, réaction impromptue, il a peur, il a honte, cet enfant imprévisible.
Laure le prend par la main et nous choisissons quelques gâteries.
Dans l’appart : tu veux aller te doucher ?… non, non…
Ne pas aller trop vite, il a besoin de s’habituer à nous et à cet endroit où l’on peut voir la ville d’en haut.
Visite donc, puis repas.
Laure lui propose un gâteaux mais l’enfant préfère le garder pour demain matin, il y en aura encore lui dit on.
A hésite puis accepte.
Enfin A voudrait aller se doucher, un peu de confiance s’installe.
Par sécurité, nous rangeons les choses de valeurs et fermons l’appart à clef.
Jouons encore un peu au puissance 4, A ne veut pas aller se coucher.
L’habitude de ne pas dormir la nuit, l’angoisse du cauchemard, les ombres de sa survie.
Nous le rassurons, les chambres sont côte côte.

Samedi, 8h00, p’tit dej, départ pour CIMA.
Deux heures de bus plus tard, nous traversons un pont de tôle au dessus d’une rivière à sec.
A n’est pas à l’aise …. De la campagne à la ville à la campagne….
Le centre : CIMA
Maison simples de briques blanches bleues et jaunes perdues entre désert et mégalopole.
C’est vrai, cet endroit est esseulé.
Mais les enfants ont la liberté d’être dehors, ils peuvent aller à l’école,
suivrent des ateliers dans de grands espaces, il y a une ferme aussi.
Des gamins jouent au foot en écoutant du Reggaeton.
A préfère partir, rentrer à Lima du moins…
Faisons un tour juste pour voir, d’accord ? Si tu ne veux pas rester, tu n’est pas obligé.
CIMA est régit par le Père Jean Louis Lebel,
grand bonhomme canadiens du soixantaine d’années, qui a fondé le centre il y a 20 ans.
Après son entrevue avec le psychologue, A nous rejoint dans le bureau du père.
Confrontation.
Son envie de rester s’est évanouie, et peu d’excuses pour exprimer son changement d’avis.
Le père lui demande la raison de ce volte face, pourquoi nous avoir affirmer qu’il voulait changer.
Je viendrai au mois de janvier, dit il.
Et nous savons, par expérience, que lorsqu’un enfant dit qu’il reviendra plus tard, cela n’arrive jamais,
lorsqu’il a gouté à la rue, qu’il a gagné et manager son argent, qu’il a embrasser cette liberté…
y renoncer est un grand effort
Veux tu réellement changer ?
Le silence de A a remplacé le oui souriant de la veille.
Tu leurs a menti, tu n’est pas prêt et sans effort, tu ne peux réussir.
Nous ne nous attendions pas à un tel scénario. L’enfants a fait son choix.
Les larmes et la déception font leur ascension dans nos corps.
Nous décidons de le mettre dans un bus pour la Ciudad.
Et puis non !……. Trop !… ce petit monstre me dit Laure… passons l’après midi ensemble.
Une petite oasis non loin de là.
Déjeuné, piscine, zoo, et babyfoot.
A est aux anges, il s’excuse de nous avoir déçu.
Il nous dit qu’il va travailler pour dormir à l’hotel.
Quarante PEN la nuit, à partager avec ses amis (TV, cable et eau chaude).
Dix euros la nuit pour 4, c’est rien.
La lucidité d’un gamin de 12 ans, la conscience de la rue.
Dans quelques heures, cette conscience va se perdre dans l’agitation de la nuit, dans le désordre de la ville.

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